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Regroupements : « ce qui est en train de se faire n’a pas d’équivalent mondial » (Christine Musselin)

Regroupements : « ce qui est en train de se faire n’a pas  d’équivalent mondial » (Christine Musselin)

Paris – Publié le jeudi 12 juin 2014 à 17 h 30 – Interview n° 20724 –

« La recherche a toujours été inscrite dans une compétition mondiale. Toutefois, ce qui est en train de se faire en France n’a pas d’équivalent au niveau mondial. On compare parfois ces regroupements avec l’université de Californie, mais il me semble que la comparaison n’est pas adaptée. Berkeley au sein de ce grand ensemble maîtrise totalement son offre de formation qu’elle ne coordonne pas avec UCLA (University of California Los Angeles).

L’université de Londres (London university) ne ressemble pas non plus à une Comue française, la LSE (London School of Economics), qui en est membre, pilote elle même ses formations et sa recherche », explique Christine Musselin, directrice scientifique à Sciences

Po et spécialiste des systèmes d’enseignement supérieur.

Christine Musselin répond aux questions de News Tank le 12/06/2014

 

Quelles sont les carractérriissttiiquess de ll’’ensseiignementt ssupérriieurr ffrrançaiiss ?

La première grande caractéristique française est le tripartisme de notre système d’enseignement

supérieur. Nous avons trois secteurs institutionnels : les universités, les grandes écoles, et les

organismes de recherche. La révolution française a supprimé les universités et Napoléon a ensuite

créé une université impériale : ces deux événements ont favorisé l’essor des grandes écoles. Les

élites de la République ont été progressivement formées dans ces grandes écoles.

Jusqu’au 20ème siècle la recherche n’était pas une activité

centrale pour les universités françaises. Le CNRS, l’INRA ou

le CNES ont été créés après la seconde guerre mondiale

pour palier cette situation. Ces organismes de recherche se

sont développés à l’extérieur de l’université. Depuis, cette

structure tripartite a beaucoup évolué, les têtes de ces

institutions sont différentes, mais quotidiennement les

acteurs de la plupart de ces institutions travaillent ensemble ; ainsi environ 85 % des chercheurs du

CNRS travaillent dans des laboratoires situés dans les universités. La deuxième grande

caractéristique de l’enseignement supérieur français, c’est le pilotage par l’État. Les universités,

dans leur forme actuelle, sont l’héritage de la loi de 1968. Ce sont des institutions récentes en

concurrence avec les grandes écoles et les organismes de recherche.

 

De plus en plus, les grandes écoles« s’académisent » et

développent de plus en plus leurs activités de recherches,

quant aux universités elles ont souvent emprunté aux

grandes écoles pour modifier leurs méthodes

d’enseignement. Les frontières finalement sont de plus en plus floues.

Commentt exxplliiquerr lle mouvvementt de conttessttattiion acttuell conttrre ll’’un dess modèlless de

regrroupementt ((lla Comue)) ?

Avec les regroupements en cours, il y a cette volonté de dépasser ces concurrences, volonté déjà 

présente dans le rapport Attali en 1998 ou lors de la mise en œuvre du processus de Bologne, puis
dans les PRES dans le milieu des années 2000 et enfin avec les Comue (Communautés
d’universités et d’établissement) qui visent aujourd’hui à donner une cohérence à un territoire. La loi
ESR de juillet 2013 s’inscrit dans cette même volonté et cette loi institutionnalise les
rapprochements entre ces institutions en forçant les établissements à se doter de statuts. 
 
Il est vrai que les regroupements ne correspondent pas
toujours à des développements rationnels, mais la
contestation se fait surtout sentir en Île-de-France, là où les
questions de pilotage revêtent une importance particulière
et où les découpages retenus peuvent poser de légitimes
questions. 
 

Que penssezz–vvouss de ll’’arrgumentt ssurr lla ““nécessssiitté””

de sse rregrrouperr pourr êttrre plluss compéttiittiiffss mondiiallementt ?

La recherche a toujours été inscrite dans une compétition

mondiale.Toutefois, ce qui est en train de se faire en France

n’a pas de d’équivalent au niveau mondial. On compare

parfois ces regroupements avec l’université de Californie

mais il me semble que la comparaison n’est pas adaptée.

Berkeley au sein de ce grand ensemble maîtrise totalement

son offre de formation qu’elle ne coordonne pas avec UCLA.

L’université de Londres (London university) ne ressemble pas non plus à une Comue française, la

LSE (London School of Economics), qui en est membre, pilote elle même ses formations et sa

recherche.

En France, on pousse beaucoup plus loin la coopération, peut-être serons-nous un exemple dans

les années qui viennent pour les autres pays…

Fautt–iill ss’’iinsspiirrerr dess ssyyssttèmess angllo–ssaxxonss,, nottammentt en mattiièrre de drroiittss

d’’iinsscrriipttiion pourr diivverrssiiffiierr lle ffiinancementt dess uniivverrssiittéss ?

Le système britannique est régulé par une agence publique qui accorde des prêts aux étudiants et

qui organise le remboursement par les étudiants. Les gouvernements successifs ont orchestré une

croissance continue des droits d’inscription avec un système de bourses et de prêts en parallèle.

Quand on a permis aux universités d’augmenter leur droits

d’inscriptions jusqu’à 9000 livres par an, toutes les

universités se sont globalement alignées, Cambridge

comme les universités moins connues. Ce « prix » est donc

plus une source de revenu qu’un instrument reflétant la

« valeur » des différents établissements.

Le système

britannique est

cependant plus

contrôlé que le

système de prêts

américains, où officines privées et agences fédérales se

partagent un marché juteux. Aux États-Unis, les Etats se

sont désengagés du financement des universités publiques,

 

 

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