Nous sommes l'université et la recherche

Accueil » Témoigner, proposer

Témoigner, proposer

Voilà votre espace de parole !

Vous êtes invités à témoigner de vos expériences à l’université et dans la recherche : vos déboires avec des situations administratives parfois ubuesques, vos désillusions devant des conditions de travail harassantes, dégradées et désespérantes, vos inquiétudes pour la qualité des formations offertes aux étudiants et pour la conduite des programmes de recherches menés.

Vous êtes invités à partager des informations sur les situations locales de vos universités : les conditions dans lesquelles se trouvent les relations de votre université avec le ministère notamment sur la question des datations budgétaires et de l’état des finances de votre université, les conditions dans lesquels sont menés les regroupements de vos universités et les préoccupations qui vous animent tant du point de vue pédagogique que scientifique, financier que social.

Vous êtes invités à proposer des idées constructives de modes alternatifs de réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche publique, qui permettent d’aller avec bon sens dans le bon sens, en supprimant les gabegies de temps, d’énergie, d’intelligence, d’argent public, en assurant la qualité du service public pour l’avenir des étudiants par la garantie de formations  riches en contenus et en méthodes et pour l’avenir du pays par la promotion de recherches précieuses en originalités et spécificités

A vos claviers ! Prenez la parole !!


42 commentaires

  1. Josepha Laroche dit :

    Depuis des années et des années, l’université française et ses universitaires font l’objet d’un manque total de considération, d’intérêt et d’un mépris sans égal de la part de nos dirigeants politiques (droite et gauche confondues)…Dans le même temps, on nous répète sans cesse que la jeunesse, l’éducation, l’enseignement et la recherche sont une priorité nationale. Mais de qui se moque- t-on ?

    • Pujet isabelle dit :

      Bonjour,
      le seul moyen c’est d’arrêter de financer l’Etat auprès des banques privées qui dès lors dicte la loi. (voir loi 1973 et Maastricht), nous on a dit non! donc c’est non!!! faire respecter des décisions antérieures.
      notre modèle est un bon modèle c’est aux autres d’en prendre de la graine en tout cas en ce qui concerne la diffusion du savoir.

      isabelle Pujet

  2. Josepha Laroche dit :

    L’université française est au bord de l’implosion et de la décomposition, la déprime sévit partout…L’université française n’est pas encore remise du combat dur, long, usant et finalement perdu contre la loi qui devait prétendument permettre de lui conférer un statut d’autonomie. En fait, ce texte a signé son asservissement et son appauvrissement, bref, sa mise en coupe réglée. Depuis des années, des décennies devrais-je dire, les universitaires, les étudiants et le personnel administratif et technique doivent subir une dégradation continuelle des conditions de travail et un maque de moyens. Cette situation est due aux menées incessantes de destruction et de sape venant de la part des pouvoirs publics (droite et gauche) : on nous ignore, on nous méprise, on nous désigne bien souvent du doigt comme de prétendus privilégiés…et lorsque l’on rencontre des collègues étrangers – anglo-saxons, notamment mais pas seulement – nous avons honte de la misère dans laquelle on nous tient…Combien de collègues et d’étudiants n’ont qu’une seule chose en tête, plus ou moins avouable, plus ou moins inavouée : partir coûte que coûte…J’ai souvenir d’avoir entendu dire, lors de la dernière campagne présidentielle, que la jeunesse était la priorité d’un des candidats….j’ai certainement dû rêver.

  3. JP Heurtin dit :

    Le scandale de la faillite des universités est bien là :
    La situation financière de l’UVSQ a provoqué un certain nombre de conséquences extrêmement graves pour l’avenir de la recherche (suppression des 75 % des budgets des labos en 2014 après un gel des dépenses en 2013, réduction du budget de l’ED CRIT de 45 000 euros à 8 400 euros, sans parler de l’annulation de toute commande de livres à la BU qui en avait acheté pour 530 000 euros en 2013, etc.).
    Comment faire des jurys de thèse ?
    Comment continuer la formation des doctorants ?
    Comment leur permettre de partir à des colloques ? etc.
    Quo usque tandem…

  4. JP Heurtin dit :

    S’il fallait faire un diagnostic de l’état de l’université, mais également de l’atonie de beaucoup de collègues, il faut considérer l’empilement des réformes, et des agendas hétérogènes qui percutent de manière non concertée peut-être nos institutions. Sans vouloir être complet, on peut citer :
    – Le déficit budgétaire (agenda des finances publiques)
    – La création de mastodontes ingouvernables (agenda des présidents d’universités, en particulier le groupe Marc Bloch)
    – Le désir de réformer la gouvernance des universités de sorte à retirer à ceux qui font l’enseignement et la recherche les moyens de faire entendre leur voix, c’est-à-dire à nous seuls qui faisons véritablement l’enseignement et la recherche : Nous sommes l’enseignement et la recherche (que diable !)
    – La réduction du financement des universités aux dispositifs d’excellence
    La conséquence de cela, c’est :
    – L’assèchement des modes ordinaires de financements de la recherche (en parallèle avec ce qui se passe au CNRS)
    – Un pilotage par l’excellence calquée sur l’Europe et son horizon 2020, avec des objectifs courtermistes, qui ne tiennent aucun compte de la recherche fondamentale y compris en sciences sociales . Cf. la reprise de tout cela dans les appels d’offre e l’ANR.
    – Une réduction de l’offre d’enseignement (à commencer par les TD, ce qui ruine à l’avance les objectifs de réussite en licence)
    – L’augmentation de la précarité dans les universités. Cf. Les mouvements actuels à Bordeaux, etc.

    • Nous pouvons éditer sur ce blog un sondage pour voir quelles sont les principales propositions à promouvoir pour juillet 2014 au moment du débat sur l’ESR à l’assemblée

  5. Cela paraîtra peut-être un détail aux yeux de certains, mais nous demandons la suppression de l’agrégation du supérieur, pour les sections concernées (1 à 6 du CNU). Plus d’arguments: http://suppressionagregation.wordpress.com

    • Vous pouvez développer svp cette publication avec la réforme ou situation actuelle des universités ?

      • Le sens des réformes récentes, que l’on puisse l’approuver ou non, est d’offrir un peu d’autonomie aux universités. Or, le système de l’agrégation, dans les sections 1 à 6 du CNU est contraire à toute autonomie.
        En effet, les professeurs agrégés choisissent leur établissement d’affectation selon leur rang de classement (l’agrégation faisant, année après année, la part belles aux candidats parisiens, leur principale motivation est la distance entre Paris et la faculté dans laquelle ils sont amenés à exercer): phénomène des « profs TGV ».
        Il est quasiment impossible pour les facultés voulant recruter des professeurs, dans les disciplines à agrégation, de choisir le profil du nouveau collègue: il sera « imposé » par le classement. Peu importe que ses thématiques de recherche correspondent à celles de son laboratoire; que ses compétences pédagogiques répondent à des besoins… Seuls quelques postes sont, chaque année, réservées à une voie, dite 46-3, permettant d’accéder au professorat après audition par un comité de sélection, puis qualification par le CNU.
        Du point de vue du jeune agrégé, il s’agit souvent de préparer un retour en région parisienne. Du point de vue de l’équipe pédagogique en place, dans les facultés de Province, l’on voit débarquer un jeune professeur (une trentaine d’années), dont le profil ne correspond pas aux besoins.
        Comment parler d’autonomie des universités, alors même qu’elles ne peuvent pas choisir leurs professeurs ?

        Le coût de l’agrégation est également un scandale: pour le candidat provincial, prévoir un budget de 8000 Euros par concours, pour ceux qui vont au bout. Pour la collectivité, l’agrégation monopolise des salles, suppose que des jurys (et des candidats, qui sont souvent déjà enseignant-chercheurs) consacrent une année entière au concours, au détriment de leurs autres missions. L’accès précoce au professorat conduit, leur carrière durant, les professeurs de droit, de sciences politiques, économiques et de gestion à être mieux payés que leurs collègues des autres disciplines

        Il y aurait encore tant à dire… cela viendra peut-être au fil de la discussion…

        • que proposez vous à la place et dans la situation actuelle pour la remplacer ?

        • Tout simplement, dans l’immédiat, que les sections 1 à 6 du CNU perdent leur régime dérogatoire, et que le recrutement des professeurs s’y fasse selon la voie « de droit commun » des autres sections.

          Ensuite et dans un second temps, sans doute, faudra-t-il penser à changer les conditions de l’évolution des carrières des EC, peut-être par un corps unique, peut-être par d’autres moyens, sans recréer de régime dérogatoire.

  6. Mon témoignage initialement publié le 16 mai 2014 sur http://blogs.mediapart.fr/blog/anna-colin-lebedev/160514/devant-la-porte-fermee-de-luniversite

    Devant la porte fermée de l’Université

    Pour moi comme pour beaucoup de mes collègues chercheurs, cette période de mi-mai est celle de la déprime et de la remise en question. Une année après l’autre, les réponses négatives à nos candidatures aux postes de maître de conférences arrivent par paquets. Les bonnes candidatures se comptent par dizaines pour chaque poste. Le plus souvent, on ne reçoit d’ailleurs aucune réponse, ce qui nous rejette dans l’anonymat des négligés. Parfois la lueur d’une audition. Les candidats se connaissent souvent, se croisent à l’audition – Ca va ? Ca va… – et font tout leur possible pour ravaler leur animosité à l’égard des concurrents. Il n’y aura qu’un gagnant et tous les autres devront quand-même continuer à travailler ensemble sans s’entretuer. Les perdants sont si nombreux et leur échec si répétitif que ça donne l’impression d’un gris marécage dont surnage de temps à autre un heureux qu’on ne voudra pas haïr car lui aussi aura connu l’angoisse des mois de mai sans une couleur vive dans le ciel.

    Il est de bon ton de ne pas trop en parler et en tout cas de ne pas parler de soi. On s’échange des allusions sur Facebook, on prend des cafés-déprime ensemble, on signe des pétitions de soutien à l’université. Pour les collègues en poste, c’est aussi un moment douloureux de condoléances à distribuer à des visages éteints, de plus en plus nombreux. Quand on est un recalé, il est de bon ton de faire comme si on faisait face avec résignation et détachement : ça se passera mieux la prochaine fois. Bien sûr qu’on pourra travailler sans être payé. Bien sûr qu’on pourra passer de statut bancal à statut bidon. On imagine des petits arrangements de vocabulaire : chercheur « associé » à un laboratoire peut faire croire qu’on fait partie du laboratoire, alors qu’en réalité on est à la rue. Mais on laisse planer le doute, car un jeune chercheur qui déprime et qui travaille sans casquette institutionnelle perd des points dans la course. Le chercheur « free lance » ? Un loser. C’est aussi pour ça qu’on accepte chaque petit contrat courte durée, chaque enseignement : se raccrocher aux branches d’un établissement où l’on n’a posé qu’un petit orteil. On peut aussi imaginer son propre étabissement, s’improviser « conseiller » ou « think tank », ou animateur d’un projet. Notre monde est rempli de ces projets-illusions qui servent à ne pas sombrer dans le vide, vis-à-vis des autres mais surtout de nous-mêmes.

    Cette année pour moi, la campagne de non-recrutement a coïncidé avec un moment d’actualité brûlante de mes sujets de recherche, la Russie et l’Ukraine postsoviétiques. Aucun poste en civilisation russe n’était mis au concours pour la rentrée prochaine. Il ne faut pas se plaindre : il y en a eu quelques-uns les années précédentes. Les postes en sociologie et science politique restent traditionnellement frileux à l’égard des candidatures portant sur des terrains exotiques que l’on relègue dans la catégorie « aires culturelles ». C’est rare que des chercheurs travaillant sur l’ex-URSS soient auditionnés pour des postes au profil « classique » et les recrutements sont exceptionnels. On nous conseille donc d’accumuler de l’expérience en enseignement du russe, car c’est là que se nichent les rares postes accessibles. C’est un autre métier que nous ne savons pas forcément faire, mais plus personne n’ose le dire, car comment survivrait-on s’il n’y avait les départements de langue russe ? Effet collatéral, les étudiants de ces départements reçoivent plus d’enseignements en civilisation qu’en langue ; ce n’est pas forcément un mal.

    Le besoin de comprendre et de décoder ce qui se passe au-delà de nos frontières est pourtant réel. Nous avons aujourd’hui des choses à dire et un éclairage à donner. L’intérêt des lecteurs de ce blog pour mes billets sur l’Ukraine en est un signe : une spécialisation sur une zone marginale peut devenir d’une importance cruciale pour la France du jour au lendemain. Nos centres de recherche sur les sociétés d’Europe de l’Est se comptent pourtant sur les doigts d’une main et manquent de moyens, mais surtout de perspectives de développement. Les programmes de formation spécialisés déclinent. La France se prive d’une expertise qui va forcément s’affaiblir à force d’être précarisée et rejetée en dehors des institutions.

    Si j’écris aujourd’hui sur l’Ukraine et la Russie dans un blog, c’est aussi parce que je n’ai pas réussi ces dernières années à obtenir un poste universitaire et que je me suis trouvée en périphérie du système. Vous ne m’entendrez pas dire que c’est injuste, car malheureusement le nombre de collègues talentueux et dignes d’être recrutés est largement supérieur aux postes offerts. Le blog n’est pas un mode d’expression légitime pour un chercheur, mais c’est peut-être l’un des plus gratifiants. Malmenés et déconsidérés par l’institution, nous trouvons dans l’écriture et le partage gratuit de connaissances un moyen d’être socialement utiles. Alors on continue. Bénévolement, dans le doute, malgré tout.

  7. jpheurtin dit :

    Pour l’heure, et le plus urgent. Il faut :
    1. Un moratoire sur les regroupements ; laisser les universités choisir entre COMUE et associations. Garantir une représentation démocratique dans les instances de ces regroupements
    2. Rétablir le budget des universités à des niveaux qui leur permettent de fonctionner. Il faut un plan pluriannuel de l’emploi scientifique. Mettre un terme à la précarité dans les universités.
    3. Mettre fin au système des investissements d’avenir, et augmenter les moyens récurrents.
    4. Mettre fin au fléchage des recherches par l’ANR sur le modèle de l’horizon 2020. Donner les moyens de recherches risquées et fondamentales
    5. Evaluer l’autonomie des universités par une enquête parlementaire

  8. despagno dit :

    Merci Jean-Philippe pour cette liste des urgences et priorités.

  9. que pensez vous de
    1. Demander un moratoire sur les regroupements
    2. Evaluer l’autonomie des universités par une enquête parlementaire
    3. Dans la loi de finances 2015 réorienter une partie du Crédit Impôt Recherches pour le financement de doctorants et le recrutement de docteurs
    4. Garantir l’autonomie et les libertés universitaires par un contrôle parlementaire sur l’application de la LRU
    5. Mettre fin au fléchage des recherches par l’ANR sur le modèle de l’horizon 2020
    6. Encadrer les activités de la Direction générale pour l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle – DGESIP
    7. Laisser les universités choisir entre COMUE et associations
    8. Garantir une représentation démocratique dans les instances des regroupements universitaires
    9. Rétablir le budget des universités à des niveaux qui leur permettent de fonctionner
    10. Il faut un plan pluriannuel de l’emploi scientifique
    11. Mettre un terme à la précarité dans les universités
    12. Mettre fin au système des investissements d’avenir, et augmenter les moyens récurrents
    13. Donner les moyens de recherches risquées et fondamentales
    14. Donner les moyens de la réussite en Licence

  10. un sondage a été créé sur notre page d’accueil. vous pouvez ajouter de nouvelles questions.
    si vous êtes quelques uns à faire la même proposition, nous pouvons l’ajouter directement au vote… merci de la formuler sous forme de question simple

  11. Séverine dit :

    Moi je commencerais par des mesures relativement simples et qui ne coûtent pas cher, mais qui sont un préalable indispensable:
    – prendre des mesures concrètes contre les conflits d’intérêts (par exemple, le cumul des responsabilités: les mêmes gens siègent dans toutes les instances de décision, de recrutement et a fortiori pilotent les réformes)
    – créer de véritables instances de recours contre les abus de pouvoir, qui fonctionnent avec des délais courts (sans quoi les situations illégales continueront d’être la règle et aucune réforme n’y changera rien)
    Aucune réforme structurelle ne me paraît viable si les acteurs de base ne peuvent pas travailler dans la confiance et la légalité.

  12. PRAG dit :

    Au commencement de la huitième année universitaire de harcèlement en tant que PRAG (Prof agrégé statut second degré affecté à titre définitif dans le Supérieur), je ne peux que constater la nocivité des trains de réformes depuis 2007. Qui ont ouvert la boîte de Pandore. Certes le harcèlement existait, certes les conflits interpersonnels ne sont pas nouveaux au sein de l’université, mais tout cela s’est exacerbé, tandis que les protections « sautaient » grâce à la pseudo autonomie (« on s’en fout on est tranquilles » dit la « hiérarchie » – les collègues qui consacrent toute leur énergie à leur carrière de fonctions représentatives, qui deviennent des petits chefs, dans une démocratie qui ne l’est plus dans les faits, au lieu de de se consacrer à l’enseignement et à la recherche). Additionnez la soif de pouvoir et le Principe de Peter.
    Ne comptez ni sur les CHSCT (inexistants et pilotés par le Président d’U.), ni sur le médecin de prévention des personnels (au service de la direction et prêt à toutes les fausses déclarations), ni sur les sections syndicales (divisées et engluées dans leurs membres siégeant aux conseils), ni encore moins sur le soutien de collègues qui passent leur chemin (comme sous certains régimes d’il y a 70 ans). Ni sur le Rectorat (vous ne dépendez pratiquement plus d’eux) ni sur le MESR (les U. sont autonomes n’est-ce pas). Pas de Prud’hommes, pas d’Inspection du Travail. Vous êtes livré à vos bourreaux et ne pouvez RIEN faire. Le TA fait ce qu’il peut, service minimum, et botte en touche à la première occasion, quant au pénal, un an pour audition, plus des mois de saisie de la plainte et de son suivi. Pendant ces deux ans au moins, vous plongez.
    Il faut savoir que pour se ménager sans doute un petit espace territorial privé au sein de cette autonomie, où l’on peut faire ce qu’on veut (et donc recruter et bosser en équipe comme on veut), des collègues sont prêts à TOUT: atteintes au salaire, déni de l’affectation du MESR, attribution d’un service quasi fictif au fil des années, accompagné de rapports fallacieux et calamiteux, poursuites judiciaires pour vous déshonorer et vous enfoncer financièrement, tentatives de mise en congé maladie mentale, et bien sûr stratégie d’isolement total.
    C’est cela aussi l’université d’aujourd’hui – celle de ma ville où j’ai fait, à deux reprises (années 70 et 90), mes études, qui m’a formé, celle qui m’a accueilli comme enseignant et m’a laissé (trop peu d’années hélas) l’occasion de me sentir bien de le supérieur. Avant de me renier en quelques jours, quand les têtes ont changé.
    Des réunions à Paris ont eu lieu sur cette question des conditions de travail et du harcèlement exponentiel, où l’on constate que l’on n’est pas le seul, que cela devient banal. Mais après, qu’en sort-il? A quand ces cahiers de doléances qui dresseront un constat de la réalité et serviront à exiger une remise à plat immédiate ?

  13. Alix dit :

    D’accord avec Séverine, au-delà du manque de moyens, ce qui gangrène l’université (et qui empêche toujours une mobilisation massive), c’est l’individualisme et l’esprit de compétition exacerbé. Le système français ne promeut pas la solidarité, au contraire. Compétition, individualisme, esprit de clan et de réseau sont favorisés par le système, qui manque cruellement de transparence. Et l’augmentation du précariat ne fait qu’aggraver le problème : plus personne n’a intérêt à s’engager pour l’université au niveau local : pour quoi faire, puisque la plupart des enseignants seront à la porte à la fin de l’année ? Il est bien plus rationnel de penser à sa carrière en la jouant « perso ». Comment les chercheurs seraient-ils solidaires dans ces conditions ? Il ne faut pas seulement changer les moyens de l’université, il faut changer son esprit et son fonctionnement en profondeur, mettre en place des procédures transparentes et démocratiques et promouvoir la recherche de qualité (et non l’avancement personnel, qui devrait être réglementé par ailleurs).

    • Nous avons validé l’intégration de la proposition « Prendre des mesures contre les conflits d’intérêts et abus de pouvoir » dans le sondage. pour la seconde proposition de séverine, il faut qu’un votant formule cela sous forme de proposition lors de son vote afin que nous puissions l’intégrer

  14. FG Schmitt dit :

    Quelques suggestions:

    1) Supprimer la loi Sauvadet. Cette loi avait une bonne intention, réduire la précarité. Mais elle a l’effet inverse: de nombreux personnels en CDD (post-doc ou CDD techniques) ne trouvent pas de poste permanent et ne peuvent pas non plus rester en CDD puisque les universités et le CNRS stoppent dès que le cumul de leur recrutement atteint 3 ou 4 ans. Ces personnels doivent trouver un emploi à l’étranger ou dans le privé, ce qui est mission difficile voire impossible. Leurs compétences sont alors perdues pour le monde académique, et malgré leur motivation ils ne peuvent pas rester dans le système universitaire. C’est une très mauvaise loi, qui fait des ravages incroyables dans nos laboratoires. La priorité numéro 1 doit être sa suppression.

    2) Stopper les IDEX, EQUIPEX et LABEX. C’est redondant avec le système des UMR qui sont évalués par l’AERES (ou son successeur) et par les sections du CNRS. Les IDEX EQUIPEX et LABEX obéissent à des choix opaques et leur évaluation n’est pas claire, obéissant plus à des motifs politiques. De plus les montants en jeu déstabilisent le tissu des UMR. C’est un très mauvais système qu’il faut abandonner pour mieux fournir les crédits récurrents des laboratoires.

    3) Stopper la stabilisation ou la légère baisse du budget du CNRS. En raison du GVT (glissement vieillesse technicité) une simple stabilisation du budget a un effet démultiplié sur le fonctionnement qui est distribué aux laboratoires, et qui permet de faire la recherche au jour le jour. Une simple légère augmentation du budget du CNRS (suivre l’inflation) permet d’éviter cette situation catastrophique. Actuellement le nombre de recrutements au CNRS est en chute libre et les projections parlent d’années « blanches » possibles dans les prochaines années.

  15. Igor Babou dit :

    Je ne peux pas m’empêcher de faire le lien, peut être assez intuitif – voire abusif – entre la montée des extrémismes dans notre pays et la destruction systématique des formations et des recherches dans le domaine des Lettres, des Langues et des Sciences humaines et sociales depuis plus d’une dizaine d’année, par les divers gouvernements qui se sont succédé. Je ne peux pas m’empêcher de faire ce lien, car le fascisme, le sexisme, et les diverses barbaries en « isme » (économicisme, technocratisme, libéralisme, etc.) qui sont en train d’éradiquer les « communs » (ou les « en commun ») de l’Europe me paraissent avoir leurs racines plus dans la destruction des perspectives critiques et réflexives portées par ces champs disciplinaires, que dans de simples jeux d’acteurs politiques ou dans de supposées « fondamentaux » toujours pensés du point de vue étroit de l’économie. Quand on ne forme plus des générations entières d’étudiants qu’à d’absurdes compétitions, au mépris du débat d’idées, quand on ne les forme plus qu’à la vénération servile des lois et des acteurs du marché, on ne peut pas s’attendre à obtenir, in fine, une société de l’intercompréhension. De même, dans le domaine des enjeux sociaux de l’environnement qui est le mien, comment croire qu’on pourra faire face aux dangers à venir avec une recherche et des formations universitaires entièrement soumises aux diktats du marché, aux exigences du patronat et des bassins d’emplois locaux, et de la doxa des politiciens ? Comment croire qu’on réglera à temps le problème de l’érosion de la diversité biologique, ou celui du changement climatique, quand on exige que chaque thèse soit contractualisée, qu’elle soit financée par une entreprise ou une bourse régionale, qu’elle ne se déroule que sur une temporalité de 3 années, ou encore qu’elle s’inscrive dans des priorités liées à la pensée de la croissance et de l’innovation technologique ? Dans d’autres domaines de la vie sociale tout aussi sensibles, comme celui des migrations internationales, de l’interculturel, etc., comment croire que nos sociétés sauront faire face aux défis de la mondialisation quand toutes les ressources conceptuelles et critiques dont l’université dispose, dans ces secteurs de recherche et de formation, ont fait l’objet d’un mépris public systématique de la part des ministres (de Pécresse à Fioraso, la ligne idéologique a été la même) et surtout d’une casse des structures de recherche et des formations ?

    Autrement dit, le redressement de l’université et de la recherche nécessite sans doute des actions pragmatiques consistant à remettre en place des financements structurels pérennes, ou à repenser de fond en comble la gouvernance des établissements qui ressemble plus à une dictature qu’à un gouvernement basé sur le débat public. Mais on ne s’en sortira pas sans une ambition CULTURELLE, c’est à dire sans un retour à une exigence de non utilitarisme de la recherche et de l’enseignement supérieur. Car l’idée que l’université devrait être « utile », implique qu’elle soit « utile à… » or, être utile à, c’est servir, c’est être servile : redevenir un serf, dans le sens de l’esclavage, au bénéfice, évidemment, des plus forts et des mieux dotés : les riches, les puissants. La critique et la réflexivité ne sont pas des « petits plus », mais constituent l’essentiel des enjeux du savoir, de sa production à sa transmission. Notre seul patrimoine, c’est la dimension critique et réflexive de la connaissance dont nous avons hérité depuis le siècle des Lumières.

    C’est pourquoi, si les luttes universitaires se contentent d’opposer au pragmatisme des gouvernements le pragmatisme des syndicats, ou de certains collègues (y compris certains collègues en lutte contre les réformes), rien ne changera. Il faut en finir avec la pensée pragmatique de l’utilitarisme, et porter avec fierté le discours de l’inutilité de la recherche et de l’enseignement supérieur. Car n’est libre que celui ou celle qui n’est pas serf, c’est à dire qui ne sert pas les intérêts d’autrui, mais qui par sa pensée et par ses actions tente de devenir et de faire advenir un sujet autonome, dans une société de l’en commun capable de réflexivité et d’interrogation de sa propre complexité.

    Une telle exigence ne se réduit pas – et ne s’exprime pas – dans une série de revendications pratico-pratiques. Elle se vit en prenant conscience du fait que les Lettres, Langues et Sciences humaines et sociales sont une culture, et pas seulement des outils, et que cette culture vaut bien celle des sciences de la nature ou des sciences de gestion. Une telle exigence de réflexivité, de critique, et de construction de l’autonomie du sujet, ne peut pas se construire dans les dispositifs normés d’un sondage, aussi bien intentionné soit-il (je veux parler de celui de ce site). On ne restaurera pas l’ambition de l’université et de la recherche en ne raisonnant que sur le terrain de nos adversaires, c’est à dire sur le terrain des seuls budgets et des seules structures, et encore moins en oubliant d’argumenter en profondeur en privilégiant l’expression des collègues sur des points isolés, en l’absence d’une pensée des finalités de l’enseignement supérieur et de la recherche. C’est une tension utopique qu’il faut d’urgence restaurer.

  16. Juriste dit :

    L’université française n’a aucune considération pour son personnel qu’elle maltraite. L’Etat doit avant tout lutter contre la précarité des ATER et des vacataires à l’université. Leur situation très précaire est insupportable dans un État de droit ! Par exemple, je connais l’ATER en droit public, victime d’une conspiration à l’université de La Rochelle et dont l’affaire a été relayée dans la presse : http://www.liberation.fr/societe/2013/09/10/la-carriere-d-un-enseignant-chercheur-derape-après-des-mails-racistes_930835
    C’était un excellent collègue, très pédagogue, il maîtrise parfaitement le droit public et, enseignait très bien le administratif et le droit de l’Union européenne…pourtant, à la fin de l’année universitaire, il était le seul dont le contrat d’ATER n’a pas été renouvelé après avoir été classé 1er lors du recrutement de l’année précédente. En clair, aucune cohérence, aucun respect du mérite et de la justice, aucune considération de l’intérêt des étudiants… Or, ce collègue a été victime d’une cabale : un pseudo-étudiant (et raciste), a été volontairement glissé dans son TD pour le provoquer et quand il s’est plaint auprès de l’administration, il a été accusé d’avoir menacé l’étudiant. L’administration de l’université, au lieu de protéger mon collègue, elle a préféré couvrir l’agresseur (l’étudiant), en le mettant exclusivement en cause. En clair, le collègue (l’ATER) a moins de droit que l’étudiant. L’administration de l’université n’a même pas respecté le droit à la protection fonctionnelle. Pire, à la fin de l’année l’ATER a été purement et simplement évincé. C’est le comble de l’indignité à l’université… Ce collègue évincé était pourtant le meilleur d’entre nous, tant en matière d’enseignement que de recherche. Il a toujours donné satisfaction à l’équipe pédagogue, aux étudiants et aux collègues. Aujourd’hui, sa carrière est injustement brisée et sa réputation a été salie dans la presse par les autorités universitaires qui étaient censées le protéger. Ce collègue a été accablé, discriminé et harcelé moralement… Je tiens ici à rendre hommage a cet ATER particulièrement méritant. Qu’il sache que malgré la conspiration couverte par le cabinet de Mme Fioraso à travers un rapport de complaisance, « Nous » ses collègues ne l’avons pas oubliés et nous nous battons pour le respect de des droits et sa réintégration. Nous rappelons au Ministre que nos ATER sont nos « pépinières » et quand on leur prive de leur contrat, c’est qu’on veut leur faire échouer leur thèse et les empêcher de réussir. Le contrat d’ater permet nos « pépinières » de financer leur thèse ! C’est déjà un contrat très précaire alors, comment pouvez-vous accepter indéfiniment qu’on puisse écarter des doctorants compétents de leur poste d’ATER ? Ce n’est pas l’image que je me fais de l’université française et de l’Etat de droit. Alors ne soyez pas un spectateur face à l’injustice. Agissez pour réparer l’injustice et pour lutter contre la précarité de nos jeunes chercheurs.

  17. Juriste dit :

    Lien vers la pétition soutenant notre collègue : http://www.change.org/AliouneGueye

  18. Juriste dit :

    Lien vers les témoignages au sujet de notre collègue illégalement évincé à l’université de La Rochelle : http://m.thiesexpress.com/Pourquoi-et-comment-Alioune-Gueye-a-ete-victime-de-racisme-dans-son-Universite_a1559.html

  19. JL dit :

    Propositions pour la recherche:
    – effort de recherche en France par rapport au PIB augmenté de 0,6 à 0,7 % pour revenir dans la moyenne des pays de l’OCDE – soit 3 à 3,2% du PIB
    – ré orienter le crédit impôt recherche vers SME PME et augmenter les contrôles chez les déclarants
    – éjecter du CIR les banques et les assurances/toute l’algorithmique financière
    – porter à 25-30 % les taux de réussite à l’ANR
    – oui à un ciblage partiel ANR si non redondant avec H2020
    – augmenter très significativement l’enveloppe des projets ANR blancs
    Cela passe simplement en portant le budget total ANR à 2 milliards d’euros, un budget juste équivalent à celui de son homologue allemand
    Considérer que l’excellence n’est pas un gros mot tant que celle-ci n’est pas une argutie au service d’un sous financement chronique de la recherche française
    – en effet supprimer IDEX LABEX EQUIPEX
    – restreindre à l’occasion des participations à l’évaluation de la recherche l’impact des indicateurs (n citations, facteur H etc….)

    Propositions pour l’université :
    – augmenter significativement l’encadrement moyen enseignants/étudiants pour atteindre celui des US Allemagne GB ou nord Europe
    – tendre progressivement vers un corps unique EC/C
    – faire une analyse objective et sans dogmatisme des raisons qui aboutissent à une sur représentation de cadres, cadres dirigeants issus des filières des grandes écoles dans les entreprises
    – faire une analyse objective et sans dogmatisme de la sous représentation des docteurs dans les départements RetD des entreprises par rapport au reste du monde; probablement corrélée au faible effort de RetD des entreprises françaises au regard de la moyenne dans les autres pays similaires et au faible nombre de brevets et in fine au manque d’innovation, problème de positionnement faible à moyenne gamme etc etc…
    – briser le tabou des droits d’inscription (l’enseignement n’a pas la même structure de coût en sciences qu’en éco ou SH) si en contre partie le périmètre des bénéficiaires de bourse s’élargit très significativement
    – ne pas sombrer dans la démagogie de l’égalitarisme: toute une classe d’âge au bac, aujourd’hui à la Licence…. Et demain? au doctorat ?

  20. Juriste dit :

    1. Nous demandons donc au nouveau Ministre de l’ESR, Benoit HAMON, de prendre au sérieux le cas de ce collègue et de réparer les préjudices qu’il a subis.
    2. Nous demandons au nouveau Ministre de lutter contre la précarité des ATER en instaurant un statut permanent pour eux de telle sorte qu’ils ne soient plus éjectables et laissés au bon vouloir d’une administration parfois arbitraire et autoritaire.
    3. Nous demandons une réforme profonde du statut des ATER en France, laquelle devra s’accompagner d’une revalorisation de leur salaire et prime.
    4. Nous demandons une réforme approfondie du décret numéro 88-654 relatif au recrutement des ATER et, une réforme des décrets subséquents, en ce qu’ils ne sont plus adaptés à l’évolution de l’université au XXIème siècle.
    5. Nous demandons la clarification de la situation des ATER dans les Universités, ainsi que celle des vacataires et post-doc.
    6. Un enseignant et une recherche de pointe, ne riment pas avec précarité et instabilité.
    7. Il faut lutter contre le corporatisme, le favoritisme, le clientélisme, le localisme…
    8. Il faut rendre le statut des ATER, Post-doc, Vacataires, allocataires, moniteurs…plus protecteur par l’adoption d’une loi luttant avant tout contre leur précarité…

  21. Bonjour et bravo pour ce beau travail collectif !

    Quelques idées pour contribuer au sondage et à la réflexion
    – Élection proportionnelle directe des conseils et présidence d’université en 3 collèges électoraux (enseignants & chercheurs, Biatoss, Etudiants)
    – Limitation à un avis consultatif des « personnalités extérieures » nommées par la présidence d’université dans les conseils
    – Retrait de l’agrément d’utilité publique à la Conférence des Présidents d’Université
    – Refus de toutes les formes de fusions d’universités et de toutes les formes de préparation de telles fusions
    – Suivi statistique du ratio « nombre d’étudiants / nombres de salariés » dans tous les établissements publics, y compris filières sélectives
    – Transparence des statistiques d’utilisation des outils numériques dans l’ESR, notamment des taux d’abandon en pédagogie numérique
    – Retour aux universités des budgets des IdEx, EquipEx, AERES/HCERES, ANR, ComUE, Campus France, Campus numériques, etc….
    – Retrait du Décret-Pécresse (& Fioraso) sur l’évaluation des enseignants-chercheurs

    Et encore merci pour tout ce travail !!!
    Bien amicalement,
    Jérôme

  22. c’est possible de soumettre (de manière plus concise) certaines de ces propositions au vote dans l’enquête https://groupedu4avril.wordpress.com/sondage/

    en votant ajouter une proposition dans « other » nous pouvons la valider ensuite comme cela a été déjà été le cas pour d’autres !

  23. V. CHENARD dit :

    Bonjour,
    Psychologue du travail touchée par un burn out, j’ai compris, après des années de recherches, enfin le sens de tout cela grâce à la connaissance du changement sociétal qui touche l’enseignement en France et le travail lui même; changement culturel provenant de la politique européenne très claire (Androulla Vassiliou commissaire européenne). Je vous recommande cet éclairage de Nico Hirtt (enseignant agrégé de sciences physiques belge) qui explique comment le fondement même de l’école républicaine et d’accès au savoir de tous a été sapé pour le recentrer uniquement sur la mise à disposition de compétences nécessaires pour les emplois. L’université comme le primaire et secondaire ne sont que les maillons de cette mise en place. Il est important de comprendre le positionnement de l’Éducation Nationale face aux directives européennes pour que ces procédures et réformes prennent sens. L’ignorance (savamment orchestrée) de cette politique à l’origine de grande désillusion, souffrance, isolement (comme la mienne) de tant d’agents publics et fonctionnaire dédiés à l’intérêt général, c’est pourquoi je vous recommande le visionnage de cette conférence qui apporte une grille de lecture vraiment nouvelle et redonnera un sens à tout cela. A partir de la 22° minute : https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=rPPHWqBui8o

    ou un de ces articles dans le Monde Diplomatique « Les compétences contre le savoir » (2010) comme première entrée en matière http://www.monde-diplomatique.fr/2010/10/HIRTT/19756

    Proposition alors pour l’université? retrouver notre capacité de financer à taux zéro les services publics et retrouver une recherche dédiée à l’intérêt général qui seul donne un sens au travail et le soustraire à la dépendance des marchés (rentabilité financière) qu’exige « l’autonomie ». C’est possible grâce à l’article 50 du traité européen TUE – 2008 ratifié en dépit du refus par référendum de 2005.

    • Admin dit :

      Il me semble en effet que c’est seulement si nous retrouvons la capacité à raisonner à un haut niveau de généralité, avant de décliner les principes directeurs et finalités que nous souhaitons appliquer à l’enseignement supérieur et à la recherche, que nous pourrons sortir de la spirale d’indignité et de soumission qui nous est imposée par le ministère. Rien ne pourra changer tant que nous nous contenterons d’une liste hétéroclite de revendications. Définir ce qui, collectivement, relève de l’intérêt général appliqué à l’ESR, serait un préalable. Commencer par un sondage visant à faire exprimer des revendications forcément ponctuelles et non corrélées à une réflexion philosophique est, à mon sens, une erreur stratégique.

      • bonjour erreur stratégique ? mais comment penses tu définir « l’interet général » si ce n’est pas au travers … d’une consultation ? aujourd’hui l’ig est celui d’une technocratie qui sait à notre place ce qu’il en est de notre interet et qui pilote des comue comme un mecanos.

        • Igor Babou dit :

          Je ne remets pas en cause le principe d’une consultation, mais le principe d’un sondage basé sur des revendications ponctuelles. Je crains – peut-être à tort – qu’une consultation de type « sondage » (surtout en ligne, où le dispositif informatique réifie des items) ne permette pas de dégager des principes. Nous verrons bien ! En attendant, merci pour cet effort de relance des luttes.

        • Igor Babou dit :

          J’oubliais un point (dans mon commentaire précédent, plus bas) : il y a déjà eu énormément de prises de parole autour de collectifs comme SLU et SLR, PAU, Indiscipline, etc. D’une certaine manière, nous n’en sommes plus à devoir nous exprimer pour définir nos attentes. L’enjeu c’est de transformer un consensus déjà ancien et acquis sur le refus argumenté et étayé par des observations de l’ensemble des réformes de l’ESR depuis le LMD et le protocole de Bologne, et de la gestion autoritaire et bureaucratique de l’ESR, en une lutte qui impose au gouvernement un changement de cap tout aussi radical. Je crains qu’une énième consultation, à la seule occasion de la réforme des COMUE, fasse oublier les 10 dernières années de réflexion et de travail d’analyse, d’écriture et de mise en cohérence des luttes réalisé par SLR/SLU. Il est vrai que cela n’a pas abouti concrètement. Mais au départ, tout a toujours commencé de la même manière : activisme sur le web, pétitions, AG, etc. Si on remet en place les mêmes méthodes, ne risque-t-on pas d’aboutir aux mêmes impasses ? Ceci dit, si j’avais la solution, je ne serais pas en train d’écrire ici…

        • peut être les mêmes impasses, est ce une raison pour abandonner ? mais pour l’heure nous risquons de ne pouvoir tenir notre journée de débats du 10 juin…

  24. Igor Babou dit :

    pourquoi ? Que se passe-t-il ?

  25. V. CHENARD dit :

    La spirale d’indignité et de soumission qui nous est imposée par le ministère, ne l’est pas qu’a vous mais à toutes les professions dans l’Etat et toutes les professions tout court qui du coup, elles ne peuvent plus assurer leur responsabilité sociale centrées sur l’intérêt général comme l’instituait les principes du CNR et services publics. Apparemment, omettre cette hypothèse est la meilleure façon de rester isolé et de ne pouvoir se défendre collectivement; chacun dans son environnement professionnel a défendre son bout de carré… logique de survie individuelle en croyant que cela ne touche que soi. Tous les services publics en UE se cassent les dents sur le New Public Management qui est imparable (LOLF, contrôle de gestion, normes comptables internationales, lean management, charte et labels, benchmark,…). Les connaissances de psychologie et techniques de manipulations d’opinion publique et managériale sont suffisamment efficaces pour que les gens s’autocensurent seuls…

    Au cas où certains d’entre vous souhaiteraient voir la cause étiologique de la destruction de nos cultures professionnelles, je vous recommande cette conférence très étayée et sourcée sur les ressorts géopolitique et socio-historique de l’UE et la dite « mondialisation http://www.youtube.com/watch?v=Bb8dB7d3BdE

    Sinon, comme vous le dites, on est confronté aux mêmes travers, mêmes biais et mêmes résultats que dans les autres professions et services publics (ons’y épuise – appelé burn out) si on est pas capable de changer a minima son angle de vue et prendre du recul pour retrouver un sens à tout cela et donc des potentiels d’action réellement collectif et efficaces. Sans se réinscrire dans un continuum historique, nous sommes condamnés à être divisés et donc vaincus « Divide ut regnes ». cela dépend de chacun de nous.

    Cordialement,

    • Igor Babou dit :

      Tout à fait d’accord. C’est d’ailleurs pourquoi, en 2009, nous avions participé à des tentatives de jonctions entre différents services publics à Lyon, et avions toujours mis en avant la cohérence globale de l’entreprise de destruction des services publics français via le LOLF. Mais les différents corporatismes ont eu raison des trop rares tentatives de convergence des luttes. D’où la méfiance, très forte, envers les centrales syndicales, au passage.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :